La drépanocytose
La drépanocytose est la maladie génétique héréditaire la plus répandue dans le monde. Plus de 15 millions de personnes en souffrent. Elle représente plus de 300 000 naissances par an. Pourtant, cette maladie reste peu connue par le monde de la santé. La drépanocytose est surnommée « la maladie de la douleur » en raison des impressionnantes crises de douleurs intenses que subissent les malades.
Aussi, le suivi des patients est structuré autour de la prise en charge de la douleur.
LES DOULEURS
Les douleurs typiques de la drépanocytose
Durant la crise drépanocytaire, il n’y a pas une mais plusieurs douleurs très intenses.
Elles sont ressenties à la surface et/ou à l’intérieur des os et des articulations.
Elles peuvent être aussi ressenties simultanément ou se remplacer les unes les autres.
J’ai pu répertorier une dizaine de douleurs différentes dont :
– Une douleur aiguë comme des coups de pic de glace
– Une douleur forte répétée ou non comme des coups de marteaux
– Une douleur paralysante comme la sensation que les membres sont pris dans un étau
– Une douleur raisonnante comme si un marteau piqueur était à l’intérieur et à l’extérieur de l’os.
Ces douleurs submergent les malades comme des vagues et cela les paralyse. Ce sont des douleurs qui, en phase aiguë, peuvent durer plusieurs jours voire plusieurs semaines. Elles sont 10 à 20 fois plus fortes comparées à une fracture.
La différence d'intensité
Ces douleurs varient en intensité et peuvent migrer. Elles peuvent aussi évoluer en fonction du stress, de l’ environnement, des mouvements mais aussi de l’énergie et de la capacité à les endurer à un moment précis.
D’ailleurs, plus les malades sont fatigués, moins ils sont résistants pour endurer les douleurs.
Gérer la douleur

Les patients sont dépassés, le contrôle de leur corps en devient laborieux : les mouvements sont hyper douloureux, et la respiration et la réflexion difficile. Les patients doivent se concentrer sur chaque geste car la douleur est envahissante. Ils sont très diminués à ce moment-là.
Quand la douleur est aussi intense, les malades n’ont pas d’autre solution que de mettre en place des stratégies d’évictions :
– Enfant, j’utilisais l’auto-hypnose sans le savoir
– Ado, c’était la musique
– Et pour d’autres, ce sont des mouvements frénétiques qui aident ou bien le contraire : rester immobile.
– Il y a aussi ce que j’appelle la bulle vitale : quand la douleur est à son paroxysme et qu’elle devient insupportable, les patients déconnectent totalement. C’est très énergivore mais c’est leur seul rempart face à cette douleur extrême.
Les crises vaso-occlusives sont favorisées par la déshydratation, la chaleur, les efforts intenses, le froid, l’altitude, le stress, la fièvre et les infections…
Tous les os du corps peuvent être touchés par les différents types de douleurs, parfois simultanément.
Autre ressentis: Engourdissement, priapisme, blocage, vagues, tourbillons, STA, ulcères…
AUTRES COMPLICATIONS
La fatigue chronique
Le syndrome thoracique aigu (STA)
Le priapisme
L'ostéonécrose des hanches
COMMENT LES SOIGNANTS PEUVENT AIDER ?
Les soignants sont ceux vers qui les malades se tournent quand ils n’arrivent pas à gérer la douleur seuls.
Ils doivent donc être à l’écoute et compréhensif car le comportement des patients douloureux est parfois difficile à comprendre.
Le comportement du soignant a un impact positif ou au contraire négatif sur le stress ressenti durant les crises douloureuses et par répercussion sur la douleur des crises en raisons de la particularité de la douleur drépanocytaire : une douleur multidimensionnelle.
La composante émotionnelle de cette douleur peut donc être impactée par l’entourage ou surtout par les soignants. Pour une bonne prise en charge, il faut être dans l’acceptation et la compréhension du malade. Il est nécessaire de prendre du recul face aux comportements conditionnés par la douleur.
L'IMPACT DE LA FAMILLE (ACTION EXERCEE)

CONCLUSION
Je m’appelle Luce Kuseke-Sona, j’ai 38 ans et j’ai été atteinte de drépanocytose pendant 30 années.
J’ai ensuite subi une greffe de moelle osseuse en 2013.
Je suis aujourd’hui formatrice dans la prise en charge de la douleur, patiente ressource formée en éducation thérapeutique du patient et patiente expert. Je travaille ainsi sur plusieurs projets en lien avec la drépanocytose.